Maine-et-Loire, le magazine de votre département - 44 : Juillet-Août 2017

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TapisserieJeanBaptiste.jpg Disparue après la Révolution, cette tapisserie a été retrouvée en 2015

Infos pratiques

« Jean le Baptiste. Une histoire des représentations (XVIe-XIXe) »
Jusqu’au 10 septembre, logis royal du château d’Angers. Tarif sans supplément au droit d’entrée. Tous les jours, 10 heures - 12 heures et 14 heures - 18 heures.
Visite commentée le mardi à 10 h 15.

« Jean le Baptiste. Une histoire des représentations (XVIe-XIXe) » Coédition DRAC Pays de la Loire / Éditions 303, 96 pages, 10 €, www.editions303.com

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Art

Trésors tissés au château d'Angers

Connu pour abriter la tapisserie de l’Apocalypse, le château d’Angers conserve bien d’autres chefs-d’œuvre tissés, telle « La Prédication de Saint Jean‑Baptiste », récente acquisition qui fait l’objet d’une exposition exceptionnelle.

À l’origine, une incroyable découverte. En novembre 2015 apparaît sur le marché de l’art une tapisserie intitulée « Prédication de Saint Jean‑Baptiste devant les prêtres et les lévites ». Elle est rapidement identifiée comme faisant partie de la tenture de l’église Saint‑Jean‑Baptiste/Saint‑Julien d’Angers, anciennement située place du Ralliement. « Créée il y a cinq siècles, elle appartenait à un ensemble de plusieurs pièces en laine et en fil de soie consacrées à la vie du saint patron de cet édifice, raconte Anna Leicher, conservatrice des antiquités et objets d’arts à la Conservation départementale du patrimoine et commissaire de l’exposition. C’est le doyen et chanoine Hector qui les avait commandées, en 1516, au lissier parisien Guillaume de Rasse. Elles faisaient le tour du chœur, au-dessus des stalles. »

Après la Révolution et la destruction de l’église, seule la tapisserie représentant « L’Annonce à Zacharie et la Visitation » est mentionnée en 1849. Grâce à des analyses stylistiques poussées, trois autres pièces sont attribuées à cette même tenture : une conservée à Glasgow, une autre non localisée et celle réapparue en 2015. Elle est achetée et restaurée par l’État pour rejoindre la collection du trésor de la cathédrale d’Angers, une des plus importantes d’Europe avec une centaine de pièces, datées du XVe au XVIIIe siècle.

Pour réaliser cette œuvre imposante de près d’1,80 m de haut sur 4,5 m de long, le lissier s’est appuyé sur les dessins de Gauthier de Campe, peintre parisien d’origine flamande. L’arrière‑plan et l’architecture rappellent cette influence d’Europe du Nord ; le parterre fleuri et les arbres aux frondaisons de petites feuilles sont caractéristiques des tapisseries gothiques. Inspirées des Écritures, les prédications racontent la vie publique de Jean le Baptiste qui prêche à la fois devant les intellectuels, les prêtres, mais aussi devant les plus pauvres, ce qui inquiète le pouvoir politique. Sa tenue sobre s’oppose aux habits des autres protagonistes.

Une figure historique et populaire


« Une fois la tapisserie restaurée, nous souhaitions la faire connaître aux Angevins, explique Anna Leicher. Il se trouve que le trésor de la cathédrale comporte bien d’autres œuvres en lien avec Jean le Baptiste, d’où l’idée de cette exposition réalisée en collaboration avec le château d’Angers, la Drac, le Département et la Ville. » En tout, une quarantaine de pièces sont à découvrir : plusieurs tapisseries remarquables, mais aussi des sculptures, des peintures, des livres ou des objets qui illustrent la diversité et l’évolution des représentations de cette figure historique et populaire, reconnue par les trois religions monothéistes.

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