Maine-et-Loire, le magazine de votre département - 46 : Novembre-Décembre 2017

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De précieuses sources judicaires

Elles occupent un peu plus de 3 km linéaires sur les rayons des Archives départementales. De l’Ancien Régime à nos jours, les archives judiciaires constituent une importante source historique. Issus notamment du présidial d’Angers, des prévôtés royales, des greniers à sel, des cours d’appel et d’assises, des tribunaux de grande instance ou des juridictions spécialisées de Maine‑et‑Loire, ces documents riches et complexes ont un double intérêt. Ils sont à la fois les témoins de l’activité judiciaire, c’est‑à‑dire la manière dont on résout les conflits entre les individus, et aussi une mine inépuisable de renseignements sur la société, les mentalités, la vie quotidienne, l’économie…

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Infos pratiques

Puisant dans leurs nombreuses sources judiciaires, les Archives départementales retracent, dans une riche exposition, l’histoire du crime et sa réponse policière, judiciaire et pénitentiaire à travers le temps.

« Crime & châtiment en Anjou »,
du 30 novembre au 23 mars.
106 rue de Frémur, Angers
archives49.fr

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Exposition

Crime & châtiment en Anjou

S’il est réputé pour sa douceur de vivre, l’Anjou fut aussi le théâtre de plusieurs grandes affaires criminelles, à l’image de celle des amants diaboliques de Broc évoquée dans la nouvelle exposition des Archives départementales.

23 septembre 1872. Vers 23 heures, une femme frappe à la porte de la ferme des Granges. Il s’agit de Marie‑Madeleine Hérissé, l’épouse d’Auguste Bruère, cordonnier à Broc.

Elle raconte qu’elle et son mari viennent d’être attaqués. Des coups de feu auraient retenti. Saisie de frayeur, elle se serait évanouie et, à son réveil, serait partie chercher des secours. Accompagnée par les fermiers, elle retourne sur les lieux où ils trouvent le cadavre de son mari, dans un champ qui borde la route.

Informés du crime, le juge de paix de Noyant et les magistrats du parquet de Baugé se rendent aussitôt sur place. Le cadavre est transporté à Broc et remis au docteur Varraillon, qui procède à l’autopsie. Blessée par une balle de revolver, la victime a ensuite été frappée à six reprises dans le dos avec un couteau de cuisine. La rumeur publique désigne immédiatement, comme les auteurs probables, la femme Bruère elle‑même et un nommé François Gaulthier, dit Isidore, cocher de monsieur de la Poëze au château de Maulne. Il est notoire qu’ils entretiennent des relations intimes. La découverte par la police de nombreuses lettres que se sont envoyées les amants vient confirmer les soupçons. Dans ces missives enflammées, ils échafaudent de multiples stratagèmes pour assassiner le mari. À cinq reprises, leur entreprise échoue, la sixième sera la bonne. Le 15 février 1873, la cour d’assises les condamne à la peine capitale.

« Déjà, la peine de mort fait débat »


Crime passionnel « classique » associant la femme, le mari et l’amant, l’affaire de Broc a profondément marqué l’opinion angevine. Rapport d’autopsie, pièces à conviction, correspondance des amants, témoignages nombreux, minutes du procès… Le dossier judiciaire conservé aux Archives départementales dépeint avec précision cette romance passionnée et impossible qui vira au drame. Véritable esquisse de la société rurale du XIXe siècle, cette affaire locale trouvera écho à Paris avec la demande de grâce envoyée par l’archevêque d’Angers. Déjà, la peine de mort fait débat. La femme Bruère est finalement condamnée aux travaux forcés à perpétuité. François Gauthier est, lui, exécuté le 15 avril 1873, à 5 heures du matin devant une foule qui se presse en masse, au Pâtis Saint‑Nicolas, à Angers.

De précieuses sources judicaires Infos pratiques

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