Maine-et-Loire, le magazine de votre département - 38 : Juillet 2016

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Ang-SA-A-0118.jpg Le pôle archéologie a mené les fouilles préventives sur le site du futur Centre d'activités Foch à Angers. Le chantier a duré 18 mois. © Département 49

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Parole d'élue

Le Département de Maine‑et‑Loire a acquis, au fil des années, une véritable compétence en matière d’archéologie. Celle‑ci est formalisée, depuis 2002, par un agrément délivré par le ministère de la Culture pour les interventions de diagnostics et de fouilles préventives couvrant les périodes antique, médiévale et moderne. Il est nécessaire, dans un territoire comme le nôtre, doté de richesses historiques et architecturales, de conserver et de développer cette expertise scientifique. Celle‑ci s’avère indispensable pour accompagner les territoires dans leurs différents projets liés au patrimoine.

Frédérique Drouet d’Aubigny,
secrétaire départementale déléguée à la culture et au patrimoine

En chiffres

6 archéologues travaillent en permanence pour le Département. D’autres sont recrutés temporairement selon les programmes de fouilles.

40 000 ans c’est l’estimation de la datation des plus anciennes traces humaines en Maine‑et‑Loire découvertes sur le site paléolithique de Roc‑en‑Pail, à Chalonnes‑sur‑Loire.

18 mois c’est la durée du chantier de fouilles mené sur le site du futur Centre d’activités Foch à Angers.

40 ans de découvertes archéologiques en Maine‑et‑Loire sont entreposées au Centre de conservation et d’études à Angers.

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Un chantier école à Saint‑Rémy‑la‑Varenne

Comme chaque année depuis près de 20 ans, les archéologues du Département accueillent une quinzaine d’étudiants de l’Université de Nantes pour les initier aux techniques de l’archéologie du bâti. Ce stage de plusieurs jours est organisé sur le terrain. « Nous travaillons sur des sites que nous ne connaissons pas forcément, souligne Jean-Yves Hunot, l’un des archéologues du Département qui encadre le groupe. On étudie l’édifice en même temps qu’eux. »

Depuis deux ans, les étudiants s’exercent sur les murs du prieuré de Saint‑Rémy‑la‑Varenne. « Ils apprennent les pratiques de relevés, examinent pierre par pierre afin de reconstituer l’histoire du bâtiment. Ce site est particulièrement intéressant à observer pour comprendre l’évolution des prieurés en Anjou », poursuit‑il.

Pour tous les jeunes intéressés par le métier d’archéologue, il existe un peu partout en France des chantiers de fouilles ouverts aux bénévoles. Deux sont proposés cet été dans le Maine‑et‑Loire, sur les sites néolithiques des Choffaux (Louresse‑Rochemenier) et du Moulin Neuf (Beaupréau).

Renseignements sur le site Internet du ministère de la Culture.

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Archéologie

Ils explorent les couloirs du temps

Saviez-vous que des archéologues exerçaient au Département de Maine‑et‑Loire ? En fouillant le sol ou l’architecture des bâtiments, ces experts du passé mènent l’enquête à la recherche de nouveaux indices qui permettront de reconstituer le grand puzzle de l’Histoire.

On les imaginait plutôt armés de truelles et de pinceaux, à genoux dans une tranchée, fouillant méticuleusement le sol. On les retrouve, perchés sur un échafaudage à plus de 30 mètres de haut, sur les toits du château de Saumur. Ce jour‑là, Emmanuel Litoux et Arnaud Remy livrent une facette plus inattendue du métier d’archéologue. Les yeux rivés sur la pierre de tuffeau, ils scrutent les moindres détails du mur et les reportent sur des feuilles de papier millimétré. Ils prélèvent des échantillons et repèrent des traces d’outils.


« C’est ce que l’on appelle l’archéologie du bâti, explique Emmanuel Litoux, responsable du Pôle archéologie du Département. Nous intervenons le plus souvent en accompagnement de travaux de restauration, notamment sur les monuments historiques, comme ici au château de Saumur. Nous essayons de comprendre, par exemple, comment a été construite cette fenêtre de la fin du XIVe siècle, et la manière dont elle a été transformée. Nos observations guideront ensuite les travaux de restauration. »


Remonter le temps en creusant


Compte tenu de l’importance du patrimoine bâti en Maine‑et‑Loire, les archéologues du Département se sont spécialisés dans ce domaine à l'aube des années 1980. De l’abbaye royale de Fontevraud à la collégiale Saint‑Martin, les plus grands sites ont été passés au crible. Il y a quelques années, les observations relevées sur la grande enceinte du château d’Angers ont apporté un nouvel éclairage sur cet édifice construit vers 1230. Elles ont démontré la rapidité avec laquelle le chantier fut mené face à la menace des armées anglaises et bretonnes.


Dans une mission plus proche de l’image d’Épinal, le Pôle archéologie peut, sous la tutelle scientifique du ministère de la Culture, effectuer des diagnostics avant des travaux d’aménagement ou de construction.


« Nous réalisons une première intervention en sondant à la pelle mécanique 7 à 10 % du terrain, précise Emmanuel Litoux. Il s’agit de détecter et de circonscrire d’éventuels vestiges. » À l’issue d’un premier rapport, des fouilles sont prescrites ou non. « Si le chantier est confié à l’équipe, nous commençons par les terrassements, détaille‑t‑il. On décape d’abord la terre végétale pour atteindre les premières couches archéologiques. Puis on remonte ainsi le temps en creusant jusqu’à la roche naturelle. Selon le lieu, les époques apparaissent à des profondeurs très variables, de quelques centimètres à plusieurs mètres. »


L'histoire au peigne fin


Le service archéologique fut particulièrement sollicité en amont de la plupart des grands aménagements routiers réalisés par le Département durant la dernière décennie. Entre 2012 et 2014, une quinzaine d’archéologues a procédé à des fouilles de grande ampleur sur le site de l’abbaye Saint‑Aubin, à Angers. Les équipes ont exploré les 1 365 m² d'emprise au sol du futur Centre d'activités Foch. 7 300 m3 de terre ont été passés au peigne fin.


Les archéologues ont notamment mis au jour une des rues de la cité antique, de nombreuses sépultures de l’ancienne nécropole et l’enceinte urbaine du XIIIe siècle. « Cette étude n’est pas encore terminée, souligne‑Jean‑Yves Hunot, responsable scientifique de l’opération. Nous avons encore plus d’un an de travail post‑fouilles. Notre mission ne s’arrête pas sur le terrain. »


C’est au 108 rue de Frémur à Angers, sur le site de l’ancien couvent de la Visitation, que les archéologues du Département mènent la seconde partie de leurs enquêtes. Toutes les productions humaines et les ossements sont rapatriés dans leurs laboratoires. Nettoyés, examinés, dessinés, ces témoins de l’Histoire sont ensuite fichés, classés et stockés quelques mètres plus loin, à l’intérieur du tout nouveau Centre de conservation et d’étude géré par le Pôle archéologie. « Les pièces les plus remarquables peuvent être présentées dans certains musées ou prêtées lors d’expositions », confie Emmanuel Litoux.


Des échantillons de mortier, des ossements ou des pièces rares font l’objet de recherches plus approfondies. Des spécialistes interviennent régulièrement pour le Pôle archéologie, dont un médecin légiste et une archéozoologue, experte dans l’étude des ossements d’animaux. Les découvertes et les conclusions de chaque chantier sont compilées, sous la forme de photographies, de dessins et d’analyses dans un ultime rapport, transmis aux services de l'État. Accessibles au public, quelques-uns de ces documents sont consultables sur le site Internet du Département.


Si vous souhaitez en savoir plus sur l’activité des archéologues du Département, ne manquez pas l’ouverture exceptionnelle du Centre de conservation et d’étude le 18 septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.


En vidéo Dix sites et découvertes majeurs Parole d'élue En chiffres Un chantier école à Saint-Rémy̴-la-Varenne

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