Maine-et-Loire, le magazine de votre département - 39 : Octobre 2016

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Jean-Pierre-Aquino-0019-ret.jpg Pour Jean‑Pierre Aquino, la prévention de la perte d'autonomies doit être au coeur des politiques publiques. © DR 

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Interview

« Il faut redonner une place à la vieillesse »

Gériatre et médecin de santé publique, Jean‑Pierre Aquino est le président du comité Avancée en âge, auteur d’un rapport qui a inspiré la récente loi d’adaptation au vieillissement.

Pour vous, qu’est‑ce que « bien vieillir » ?


Jean‑Pierre Aquino : « Il faut se garder de définir un modèle du bien vieillir. En réalité, il existe plusieurs types de vieillissement qui dépendent de différents facteurs : génétique, biologique, professionnel, familial, social… Bien vieillir, c’est pouvoir bénéficier d’une bonne qualité de vie au cours de l’avancée en âge, ce qui n’exclut pas la survenue de problèmes de santé. L’état de bien‑être subjectif se fonde sur plusieurs critères : des possibilités motrices, cognitives et sensitives satisfaisantes, un état d’équilibre psychologique et une qualité de vie appréhendée à travers une évaluation positive des relations familiales et amicales, du logement, du voisinage, des revenus… »


En quoi la loi adoptée en décembre dernier modifie‑t‑elle l’approche de la prise en charge du vieillissement en France ?


J.‑P. A. : « C’est une loi autonomie, et non pas une loi dépendance. Elle valorise la préservation de l’autonomie et la prévention de la perte d’autonomie. Il faut souligner que la démarche est globale, incluant les aspects sanitaires, sociaux et environnementaux : habitat, urbanisme, transports… »


Le regard de la société française sur le vieillissement a‑t‑il évolué ?


J.-P. A. : « Le vieillissement est encore trop souvent connoté de manière négative. Mais le regard évolue progressivement de manière positive. Il faut redonner une place à la vieillesse. La société doit considérer la personne âgée comme un citoyen à part entière, acteur de sa propre destinée. Elle ne doit pas l’envisager comme une charge qui relèverait uniquement d’une obligation de solidarité, même si celle‑ci s’impose en cas de perte d’autonomie. Il est également opportun de sensibiliser les citoyens à leur propre avancée en âge, et à un mode de vie prévenant les facteurs de perte d’autonomie. C’est un moyen de placer naturellement la question du vieillissement au nombre des préoccupations de toutes les générations, et d’en amoindrir la dimension anxiogène. »


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