Maine-et-Loire, le magazine de votre département - 40 : Décembre 2016

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Reportage chez les jeunes Sapeurs-pompiers de Brissac

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Florence Dabin, vice-présidente du Département en charge des ressources et du personnel

Parole d'élue

« En adhérant à la démarche de salariés engagés dans une réserve opérationnelle ou comme sapeur-pompier volontaire, l’employeur a un rôle essentiel à jouer. L’entreprise devient alors un acteur solidaire de la vie locale. Elle participe à sa manière à l’effort collectif pour une meilleure sécurité, pour des secours plus rapides et plus efficaces. C’est pourquoi le Département montre la voie aux employeurs du territoire. En 2015, il a signé avec le Service d’incendie et de secours de Maine-et-Loire une convention pour faciliter la disponibilité des 13 sapeurs-pompiers volontaires agents de la collectivité. Elle fixe les conditions dans lesquelles l'agent peut être libéré de son poste pendant son temps de travail, et ainsi répondre aux demandes de secours de plus en plus nombreuses en journée. »

Florence Dabin, vice-présidente du Département en charge des ressources et du personnel

En chiffres

2450 sapeurs-pompiers volontaires, 391 femmes et 2 059 hommes, répartis dans les 79 centres de secours de Maine-et-Loire.

380 conventions signées entre les employeurs et le Service départemental d’incendie et de secours, dont 13 par le Département, pour faciliter l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires.

688 réservistes opérationnels, soit 104 de plus qu’en 2015, servent les forces armées en Maine-et-Loire : École du génie (Angers), 6e Régiment du génie (Angers), Délégation militaire départementale (Angers), 2e Régiment de dragons (Fontevraud-l’Abbaye) et Écoles militaires de Saumur.

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Ils s'engagent pour les autres

Le Département s’attache à promouvoir les valeurs fortes de la citoyenneté. Portraits de ces habitants de Maine-et-Loire, collégiens, étudiants, actifs ou retraités, qui ont décidé de s’investir pour les autres et pour la nation.

Huit heures, ce samedi matin. Alors que beaucoup d’adolescents sont encore sous la couette, les jeunes sapeurs-pompiers (JSP) du Val d’Aubance répondent à l’appel devant le centre de secours de Brissac-Quincé. Casque sur la tête, veste en cuir sur les épaules, rangers aux pieds, ils sont ainsi une vingtaine alignés, les visages rougis par le froid, parés pour une matinée studieuse et physique. Un rendez-vous hebdomadaire que Marine Hémery ne manque pas depuis trois ans. À 16 ans, elle fait partie des plus anciens JSP, comme on les nomme ici. « Le cousin de mon papa était sapeur-pompier de Paris, et des amis de mes parents sont volontaires. Quand ils en parlaient, ça me passionnait. Ils m’ont donné envie de devenir sapeur-pompier volontaire », ajoute la jeune fille qui a déjà une idée bien arrêtée de son avenir professionnel, « gendarme cynophile ou manipulatrice radio ».


Avant d’intégrer le corps des soldats du feu, Marine doit parfaire sa formation. Ce matin, tandis que les dernières recrues révisent les grades, enroulent et déroulent des tuyaux, elle et ses camarades de promotion ont pris place dans la salle de cours, avec leurs formateurs, des sapeurspompiers du centre de secours local. Sujet du jour: description et mode d’emploi d’un appareil respiratoire isolant. Un équipement qu’ils testeront sur le terrain, un peu plus tard dans la matinée, lors d’une simulation d’intervention dans le bourg de Brissac.


Sauver des vies


En 2018, Marine pourra se présenter à l’examen du brevet national, le sésame indispensable pour devenir opérationnel et partir en intervention. « Sauver des vies, venir en aide à des personnes qui en ont besoin, c’est pour ça que je veux devenir sapeur-pompier », lance-t-elle.

Dans la famille Gillier, à La Possonnière, l’engagement chez les pompiers est une histoire de couple. « Tous les deux avions cela à cœur. Nous avons franchi le pas ensemble en 2009, raconte Céline. Vincent est couvreur et je suis secrétaire médicale. » Leurs filles avaient 5 ans et 18 mois quand ils ont suivi les six semaines de formation initiale. « Bien sûr, au départ, il y a un peu d’appréhension. Est-ce que l’on va pouvoir concilier cet engagement avec sa vie personnelle et professionnelle ? Les enfants ne vont-ils pas nous le reprocher ? Mais les doutes ont vite été dissipés, on apprend à s’organiser. » Céline est en « bleu », c’est-à-dire « prête à intervenir en cinq minutes », du lundi au vendredi de 6h30 à 18h30. Elle est aussi d’astreinte, la nuit et le week-end, toutes les quatre semaines. Le centre de secours de La Possonnière et ses 19 sapeurs-pompiers, tous volontaires, réalisent en moyenne plus de deux interventions par semaine.


Une fierté de rendre service


Céline a signé avec ses employeurs, les trois médecins du cabinet, une convention qui l’autorise à arriver en retard si elle est mobilisée, qui lui permet de s’absenter pour suivre une formation et d’être rémunérée quand elle est en intervention. « Ce fut une évidence pour nous », témoigne Olivier Vidalenc, l’un des trois généralistes. « On a accompagné sa démarche. Ses compétences peuvent lui servir dans son métier au quotidien, notamment dans la prise en charge des appels et des situations d’urgence. »

Après six ans de service, un grade de caporal-chef sur la poitrine, Céline ne regrette rien. « C’est une passion et une fierté de rendre service. J’aime porter secours aux personnes, c’est 80 % de nos missions. Même si nous sommes confrontés à des situations difficiles, même si on assiste parfois à des drames, il y a de belles histoires, comme ce jour où j’ai mis au monde un bébé. » Les sapeurs-pompiers volontaires représentent des maillons essentiels dans le secours de proximité. Leur engagement citoyen garantit à tous un accès à ce service public. Sur les quelque 3000 soldats du feu en activité sur le département, près de 80 % sont volontaires.

Des campagnes de recrutement ont lieu chaque année, en janvier puis juillet, pour maintenir et développer ce précieux vivier. « Aujourd’hui, le nombre de candidatures est plutôt satisfaisant », souligne Christophe Magny, lieutenant-colonel, chef du groupement territorial Centre-Angers. « Certaines sont directement liées aux attentats de 2015 et 2016. »

Constat identique à l’antenne de la Protection civile du Maine-et-Loire qui enregistre une recrudescence des demandes d’inscription aux formations aux premiers secours (PSC1). Pour répondre à la demande, ces stages de 7 heures sont actuellement proposés deux fois par mois au lieu d’une fois tous les deux mois, les années précédentes.

Menées dans plusieurs casernes de pompiers du département, le 12 novembre dernier, des séances d’initiation gratuites aux gestes qui sauvent ont, elles aussi, fait le plein, avec plus de 500 participants.


Une soif d’engagement depuis les attentats


Les événements dramatiques qui ont touché la France ont suscité une soif d’engagement chez les Français, notamment auprès des plus jeunes. Une enquête du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), publiée le 18 octobre dernier, montre que les 18‑35 ans s’engagent davantage dans la vie associative ou au sein d’une organisation - en priorité dans le sport, la santé et l’environnement. 19 % d’entre eux expliquent leur démarche par les attentats.

Certains font le choix de l’uniforme. La Délégation militaire départementale et le Groupement de gendarmerie de Maine-et-Loire, confirment, l’une comme l’autre, une affluence de volontaires. Pierre-François Lollic, 21 ans, en fait partie. Natif d’Angers, il s’est engagé l’été dernier dans la réserve de la Gendarmerie nationale. Pour cet étudiant en droit pénal et sciences criminelles à Bordeaux, c’est une façon de mettre un premier pied dans une institution où il envisage de faire carrière. La série d’attentats n’a fait que conforter sa décision. « Je veux protéger mes concitoyens, me rendre utile pour tenter d’éviter que cela ne se reproduise. »

Après une batterie de tests physiques et psychologiques, puis deux semaines de préparation militaire, il a effectué sa première journée dans une brigade du département. « Selon les demandes des unités, le bureau réserve me fait des propositions de missions en fonction de mes disponibilités. Nous sommes-là en appui des gendarmes d’active pour, la plupart du temps, de la lutte antiterroriste sur des événements, des contrôles routiers ou de la lutte anti-cambriolage. »


La volonté de servir son pays


Gabrielle a opté pour l’armée de terre. Fonctionnaire, agent du Département, elle revêt régulièrement l’uniforme du 6e Régiment du génie d’Angers. « Je ne compte plus le temps passé. Au moins 40 jours par an, plus 15 jours sur le temps de travail accordés par mon employeur qui a signé une convention avec l’autorité militaire. » Durant les vacances de la Toussaint, elle supervisait une formation militaire initiale de réservistes : 13 jours en immersion complète pour, notamment, apprendre à tirer, connaître les savoirs de base du soldat. Sous contrat depuis 2006, elle est aujourd’hui capitaine et devrait prendre le commandement d’une compagnie l’année prochaine. « Je ne suis pas issue d’une famille de militaires, c’est peut-être pour cette raison que je n’ai pas, plus jeune, intégré les filières classiques du recrutement militaire. Mais j’ai toujours eu cette fibre défense. J’avais envie de m’engager pour mon pays. J’ai pu faire de longues études grâce aux bourses. Je voulais rendre ce qui m'avait été donné en servant l'intérêt général et en le défendant. »

Lui aussi souhaitait « faire quelque chose pour la France ».

Frédéric Bru, 66 ans, est retraité. Cet ancien cadre supérieur a travaillé dans l’industrie, le conseil et la formation.

« J’avais déjà une appétence pour les questions de défense, confie-t-il. Je siège depuis plusieurs années au Comité de liaison défense, une émanation du Medef. C’est ici que j’ai appris à connaître la fonction de réserviste citoyen de la défense. En mai 2015, j’ai écrit un courrier, sous la forme d’une lettre de motivation, à la Délégation militaire départementale. Quelques mois plus tard, j’intégrais officiellement l’institution comme réserviste citoyen. » Sa mission : développer les liens entre la Défense et le secteur économique du département.

« Par exemple, je favorise l'accès des entreprises à l'information sur le fonctionnement et le rôle des réservistes opérationnels. Je n’ai pas d’uniforme, juste un badge, et cette activité est entièrement bénévole », explique Frédéric Bru. Comme lui, 40 réservistes citoyens de défense et de sécurité renforcent le lien entre la nation et les forces armées en Maine‑et‑Loire.


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