Maine-et-Loire, le magazine de votre département - 47 : Janvier-Février 2018

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En chiffres

700 000 €
ont été mobilisés par la Conférence des financeurs présidée par le Département.

105
actions innovantes de prévention de la perte d’autonomie sont développées en 2018.

1/4
des habitants de Maine-et-Loire a plus de 60 ans.

Conférence des financeurs, késako ?

La Conférence des financeurs est née de la loi d’Adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015. Présidée par le Département, cette instance locale réunit une dizaine de partenaires mobilisés pour prévenir la perte d’autonomie des plus de 60 ans vivant à domicile.
Ensemble, ces acteurs ont adopté un programme coordonné d’actions de prévention. Sur cette base, la Conférence des financeurs bénéficie chaque année de crédits spécifiques de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

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Parole d'élue

« 80 % des Français souhaitent rester chez eux le plus longtemps possible et en pleine forme. Avec la Conférence des financeurs, nous avons voulu donner aux habitants de Maine-et-Loire des outils concrets pour les aider à prévenir la perte d’autonomie et favoriser leur maintien à domicile. Ce programme d’actions a été bâti au plus près des besoins et des problématiques de chaque territoire. 60 porteurs de projet ont été sélectionnés pour développer des activités et des thématiques existantes, et en initier de nouvelles. L’objectif de cette démarche innovante est que de nouveaux liens et partenariats puissent se tisser. La prévention est également au coeur du nouveau Schéma de l’autonomie qui vient d’être adopté par l’Assemblée départementale. Cette feuille de route définit les grands axes et les orientations de la politique du Département en faveur des aînés, à qui il consacre plus de 90 millions d’euros chaque année. »

Marie-Pierre Martin,
Vice-présidente du Département en charge des solidarités

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Solidarités

Seniors, cultivez votre jeunesse

Mémoire, nutrition, activités physiques… Parce que l’autonomie de demain se prépare dès aujourd’hui, le Département a sélectionné avec la Conférence des financeurs plus de 100 actions innovantes pour vieillir en toute sérénité.

« On n’est pas vieux, on est âgés ! » Jean-Claude, 70 ans, reprend à son compte la fameuse citation de Charles Aznavour. Il fait partie de la trentaine de bénévoles du transport solidaire mis en place sur neuf communes du sud‑ouest d’Angers Loire Métropole et Loire Layon Aubance. En 2016, 14 000 kilomètres ont été parcourus par ces chauffeurs qui véhiculent des personnes sans permis de conduire à un rendez-vous médical ou à un tournoi de belote. « Les bénéficiaires prennent leurs rendez-vous en fonction du transport solidaire », relate Gilbert Croix, président du centre social intercommunal L’Atelier qui porte cette action.

Seulement, depuis son éclosion, les conducteurs ont gagné quinze ans. L’année dernière, Gilbert Croix a dû inciter l’un d’eux à prendre sa retraite. « C’était difficile de lui faire comprendre, mais nous sommes responsables des gens que l’on transporte. » Une prise de conscience pour les autres bénévoles qui ont demandé une remise à niveau de leurs connaissances en sécurité routière. En ce jeudi matin de novembre, le voeu est exaucé pour le groupe de conducteurs, réuni à Saint‑Jean‑de‑Linières lors d’un atelier animé par le Comité départemental de la sécurité routière.

Distances de sécurité, circulation sur un rond-point, tests de lunettes de simulation d’alcoolémie… La piqûre de rappel satisfait tout le monde. Roger, 74 ans, responsable des transports solidaires, a par exemple profité de la matinée pour faire connaissance avec le panneau qui autorise les cyclistes à tourner à droite aux feux tricolores. « C’est important d’avoir les moyens de savoir où l’on en est, je crois beaucoup à la prévention », témoigne Jean‑Claude.

« Une chance pour tout le monde »


Cette matinée consacrée à la sécurité routière s’inscrit dans la longue liste des actions innovantes sélectionnées pour prévenir la perte d’autonomie par la Conférence des financeurs. Présidée par le Département avec l’Agence régionale de santé en partenariat avec les acteurs impliqués dans la perte d’autonomie (Carsat, MSA, RSI, Caisses de retraite complémentaire, CPAM, Mutualité, Anah…), cette instance a lancé, en 2017, un appel à initiatives à destination des associations et des structures de terrain pour répondre à cette problématique soulevée par la loi d’Adaptation de la société au vieillissement.

Mémoire, sport et activités corporelles, nutrition, lien social, ouverture culturelle, informatique… Au total, 105 actions collectives destinées à soutenir l’autonomie des seniors et à rompre l’isolement ont été retenues sur tout le Maine‑et‑Loire. Elles sont financées à hauteur de 700 000 euros par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Parmi elles, le projet « Je t’invite à… » mené sur la communauté de communes Anjou‑Loir‑et‑Sarthe. « Cela fait quatre ans que l’on attend ça ! » s’enthousiasme sa coordinatrice Virginie Chauvineau. Son principe ? Un éventail d’activités déclinées sur cinq communes autour de sept thématiques : alimentation, lien social, numérique, activité physique, équilibre, relaxation et mémoire. « C’est un programme très ambitieux, reprend la chargée du service action sociale et personnes âgées. Cela va être une chance pour tout le monde. Ce public, en mutation, est très hétérogène. Il n’y a pas d’âge pour rester jeune : on peut participer aux activités dès 60 ans. Nous espérons également toucher les aidants, qui accompagnent un proche au quotidien, et leur permettre de souffler. »

Des activités ouvertes à tous


Les actions collectives sélectionnées sont réalisées par 60 porteurs de projets, aux profils aussi divers que les 185 000 seniors de Maine‑et‑Loire : associations, maisons de quartier, centres socio-culturels, centres locaux d'information et de coordination gérontologiques… Cette diversité permet de répondre au plus près des besoins des territoires et des attentes des personnes âgées qui y vivent. Ces activités se déroulent dans tout le Maine‑et‑Loire. Elles sont ouvertes à tous, et pour tous les goûts, du cours de multisports adapté à l’atelier mémoire, de la visite d’un musée à des conférences ou débats. Dès février, la Conférence des financeurs lancera un deuxième appel à initiatives pour l’année suivante.

En trame de fond, chaque structure a à coeur de faire rimer prévention avec lien social. À Sèvremoine, le centre social Indigo a ainsi sorti le grand jeu en inaugurant sa Ludo‑mobile aux vacances de la Toussaint. Cet espace, qui s’aménage de communes en communes, permet aux grands‑parents d’accompagner leurs petits‑enfants lors d’un temps partagé autour du jeu. « Nous travaillons sur le lien social en créant un lieu où toutes les générations se croisent, de 0 à 97 ans, détaille Virginie Séchet, animatrice de la ludothèque. Ce support permet aux grands‑parents de se faire plaisir, mais aussi d’entretenir leur mémoire et leurs réflexes. »

« On peut progresser à tout âge ! »


À Cholet, c’est sur un tout autre terrain que le lien social se tisse. Comme tous les mercredis soir, une équipe d’un genre nouveau se réunit à la salle de sport Auguste‑ Grégoire. Ces seniors d'une résidence service voisine viennent jouer au badminton pendant une heure, sur un créneau durant lequel ils partagent le terrain avec de jeunes badistes. « Nous proposions déjà des séances pour les aînés depuis trois ans, mais l’intergénérationnel est une nouveauté de la rentrée, précise Jean‑Claude Arnou, le président du Badminton associatif choletais porteur de cette action qui a, elle aussi, bénéficié du soutien de la Conférence des financeurs. Ici, on ne travaille pas que sur le physique : ce lien juniors‑seniors ajoute un aspect affectif. Quand ils rentrent à la résidence, ils en parlent entre eux. »

Sur le terrain, Roger, 91 ans, raquette dans la main droite et canne dans la main gauche, suit le volant des yeux. Après quelques échanges, la canne se décolle du sol et se fait oublier. « En plus du lien social, nous sommes en train de constater que les personnes âgées gagnent en équilibre, en réactivité et en réflexe au fur et à mesure des séances, observe Catherine Brosset, responsable bien‑être et sport de la résidence. Oui, on peut progresser à tout âge ! » « Le sport, à nos âges, c’est un moyen comme un autre de continuer à vivre normalement », acquiesce Roger, pendant une pause sur le banc.

« Prendre soin de nous dès maintenant »


« Après 60 ans, il faut manger plus de produits laitiers pour prévenir l’ostéoporose. » Françoise, jeune senior de 63 ans, a tiré quelques conseils de sa matinée. Cuisine et nutrition portée par le centre social et culturel intercommunal Roland‑Charrier de Montreuil‑Bellay. La petite équipe de cuisinières réunies pour l’occasion a mitonné un repas équilibré sous l’oeil consciencieux de la diététicienne Émeline Birot. Au menu : un velouté de lentilles corail pour les légumes secs, une papillote de saumon pour les omégas 3 et des nems de poires à la cannelle, qui limitent l’élévation de la glycémie.

Pour le centre Roland-Charrier, la Conférence des financeurs est arrivée à point nommé, au moment où sa charte sur l’autonomie des seniors arrivait à son terme : « L’appel à projets nous a permis de poursuivre les actions », explique Coralie Caffier, animatrice Famille pour la structure. « Je suis ravie, poursuit Françoise, C’était un moment de grande convivialité pendant lequel j’ai appris plein de choses ! » La perte d’autonomie, cette jeune retraitée y pense, mais cela lui semble loin : « On se souvient de nos parents, on n’a pas envie que ce qui leur est arrivé nous arrive trop tôt, alors c’est bien de prendre soin de nous dès maintenant. »

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