Maine-et-Loire, le magazine de votre département - 49 : Mai-Juin 2018

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En chiffres

324 M€
dédiés au déploiement de la fibre d’ici 2022. Un investissement porté par le groupe TDF (287,5 M€), l’État (24,4 M€), le Département (6,6 M€) et la Région (5,4 M€). Les EPCI ne seront finalement pas mis à contribution.

13 000 km
de réseaux vont être déployés.

30 Mbit/s
C’est le chiffre à partir duquel on parle de Très haut débit et qui permet l’accès aux nouveaux usages numériques : télétravail, télémédecine, vidéo à la demande, domotique, e‑learning …

142
communes et 220 000 foyers et entreprises raccordés par Anjou Fibre d’ici 2022.

25 ans
c’est la durée de la délégation de service public conclue avec TDF. À terme, lé réseau redeviendra public.

Présentation du projet par le Département

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Philippe Chalopin, vice-président du Département en charge du numérique, président d'Anjou Numérique

Parole d'élu

Le déploiement du 100 % fibre est une très grande satisfaction, car il y avait urgence à répondre aux besoins qui se faisaient jour sur le territoire. Les négociations ont pu aboutir rapidement grâce à la mobilisation du Département et de l’ensemble des EPCI, qui n’auront d’ailleurs pas un centime à débourser pour voir la fibre arriver. La motivation de TDF a également été essentielle. Au‑delà des supports techniques déployés se pose aussi la question majeure des usages. À cet effet, le syndicat Anjou Numérique travaille déjà à la réalisation d’un Schéma départemental d’usage du numérique, à destination des particuliers, des entreprises et des collectivités du territoire.

Philippe Chalopin,
président d’Anjou Numérique 

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Numérique

Internet Très haut débit : tous connectés d'ici 2022

Le groupe TDF a été choisi par Anjou Numérique pour déployer la fibre dans le Maine‑et‑Loire, d’ici à 2022. Initié par le Département, ce chantier gigantesque et ambitieux va permettre d’offrir une connexion Très haut débit à tous les habitants des zones rurales, sans exception.

D’ici à 2022, la fibre optique couvrira 100 % de l’Anjou en Très haut débit (THD). Énoncée comme telle, la nouvelle ne parle pas forcément aux habitants. Pourtant, à l’image de l’électricité il y a un siècle, cet aménagement est indispensable pour l’avenir et le développement du département, en particulier dans les zones rurales qui ont été délaissées par les opérateurs privés. En Maine‑et‑Loire, nombreux sont en effet ceux qui « rament » depuis des années pour accéder à Internet. À Mozé‑sur‑Louet dans une maison de caractère éloignée du bourg, en bordure de la route reliant Angers à Cholet, Florence, ses filles Laurie et Julie et son petit ami Romain ont appris depuis longtemps à faire avec. « On relativise, on anticipe, on s’organise », résume la mère de famille, qui enseigne l’anglais dans un établissement angevin. « La connexion ne fonctionne pas », explique Julie, étudiante en Langues étrangères appliquées. À quatre utilisateurs simultanés, il convient en effet de définir des priorités… lorsqu’il ne s’agit pas de sans cesse se reconnecter. Pénible, pénalisant, handicapant…

Un droit à Internet pour tous


« C’est tout simplement une rupture des droits en matière d’accès à Internet, soulignait le président du Département Christian Gillet le 16 mars dernier lors de la signature de la délégation de service public avec le groupe TDF, chargé du déploiement, de l’exploitation et de la commercialisation de la fibre optique en Maine‑et‑Loire. Nous refusons qu’il existe un département à deux vitesses, avec une fracture numérique, qui est aussi économique, intellectuelle et culturelle. À la différence du téléphone fixe ou de l’eau, la loi ne considère pas Internet comme un service public obligatoire. La couverture numérique dépend essentiellement des opérateurs privés, qui se sont concentrés sur les zones rentables, c’est-à-dire les grandes agglomérations. En tant que garant des solidarités territoriales et humaines, le Département a fait le choix de mobiliser des moyens pour garantir un accès Très haut débit à tous les habitants. » Une volonté politique claire qui aura un impact direct sur le quotidien des Angevins.

« Tout passe par le numérique »


« Je ne suis pas accro à Internet, je veux seulement pouvoir me connecter quand je veux », avance Julie. Qu’on soit étudiant, retraité ou chef d’entreprise, le numérique est aujourd’hui devenu un élément incontournable de la vie courante. Installé dans la maison familiale, à Saint‑Laurent‑du‑Mottay, le patron de la société d’édition et de production musicales ADF‑Bayard, Pierre Lebrun, le sait mieux que personne. « Le numérique, pour nous, c’est un usage permanent », confie le chef d’entreprise, leader dans le secteur des musiques religieuses et qui rayonne aussi dans la chanson pour enfants, le classique, le jazz ou les musiques du monde. Dans le studio d’enregistrement, la technologie numérique a, depuis longtemps, remplacé les bancs de montage traditionnels. « Nous avons, dès nos débuts en 1991, fait le choix de l’informatique musicale : aujourd’hui, nos sites, nos plateformes, nos bases de données, notre commercialisation, tout passe par le numérique », poursuit Pierre Lebrun. Une option qui n’est guère facilitée, pour l’heure, par la qualité de la connexion. « Nous avons renforcé notre abonnement pour garantir un débit montant assez important, mais ça reste globalement insuffisant. » D’autant que certains fichiers peuvent peser plusieurs dizaines de gigaoctets. « Notre ingénieur du son en emporte régulièrement à transférer chez lui, où la connexion est meilleure. C’est du système D, voire E, F ou G », ironise Pierre Lebrun. Son entreprise est loin d’être un cas isolé en Anjou, où nombre d’entre elles voient leur développement conditionné à un accès numérique optimal.

Un Département engagé


« L’engagement du Département, dès 2002, a permis de limiter la fracture numérique », rappelle le président Christian Gillet. 65 millions d’euros ont été investis, qui ont permis d’offrir un large accès à l’Internet haut débit aux habitants et aux entreprises. 900 km de fibre ont été déployés et plus d’une centaine de nœuds de raccordement ont été dégroupés par le délégataire Melisa, soit 75 % des lignes du département.

Mais, avec une consommation des services sur Internet multipliée par dix en dix ans, les réseaux ADSL sont saturés, sans parler de l’état de fragilité du réseau cuivre. Conséquence : une fracture entre territoires considérablement accrue. Face à ce nouvel enjeu, le Département a initié, en 2015, la création du syndicat mixte ouvert Anjou Numérique, en partenariat avec les communautés de communes et d’agglomération. Il a élaboré un Schéma directeur territorial d’aménagement numérique (SDTAN) et défini des solutions techniques et économiques adaptées. Puis il a opté pour le 100 % fibre, et désigné TDF pour porter cette ambition.

« Rendre attractifs tous les territoires »


Un choix fort, partagé par l’ensemble des élus. Parmi eux, certains subissent au quotidien les affres liées à une connexion défaillante. « C’est la galère, tout simplement, confie Josiane Jouis, la maire de la commune déléguée du Guédeniau. À 17 h 30, quand les enfants rentrent de l’école ou que la journée de travail se termine pour certains, impossible de se connecter. Ça rame sur l’ensemble de la commune, et j’ai l’impression que ça ne s’arrange pas. » La mairie n’est pas épargnée par ce constat, ce qui complique singulièrement les communications avec l’extérieur. « C’est un vrai frein à l’installation, se désole Josiane Jouis. On a récemment vu des futurs acheteurs potentiels de deux lots de terrains à vendre partir ailleurs parce qu’il y avait une connexion Internet trop lente et aucune couverture téléphonie. »

« Il n’est plus acceptable de se résigner à ce qu’il y ait dans notre département des concitoyens laissés pour compte, argue Christian Gillet. La connexion Internet est devenue aujourd’hui un besoin de première nécessité, et les réseaux THD ont évidemment un caractère stratégique si on veut rendre attractifs tous les territoires. C’est un chantier hors norme qui débute. »

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