Maine-et-Loire, le magazine de votre département - 44 : Juillet-Août 2017

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Ettora Sottsass, seigneur du design italien

Jusqu’au 31 octobre, le château de Montsoreau consacre une exposition temporaire au génial designer italien Ettore Sottsass. Vous le connaissez sans même peut-être le savoir, à travers les objets iconiques qu’il a conçus et qui ont marqué le XXe siècle. Ettore Sottsass est ainsi le père de « Valentine » : cette légère et très pop machine à écrire rouge glamour, fabriquée par la firme Olivetti, que Brigitte Bardot utilise en 1969 dans « Les Femmes » de Jean Aurel. Dans un autre genre, il est aussi le créateur du vase Shiva, en forme de pénis rose.

Architecte, céramiste, dessinateur, l’Italien a révolutionné le design en faisant s’imbriquer des formes et s’épouser des matériaux antinomiques (bois et stratifié, laque et matériau de synthèse) au sein du groupe Memphis, qu’il crée au début des années 1980 - Memphis, du nom de la chanson de Bob Dylan, lui aussi invité à jouer dans cette exposition décidément étonnante.

À Montsoreau, on appréhende aussi la casquette de photographe d’Ettore Sottsass, avec l’exposition de quelques‑uns de ses clichés. Un voyage dans l’esprit visionnaire de celui qui pensait que les meubles n’étaient pas simplement fonctionnels, mais également là pour déclencher l’imaginaire.

En chiffre

Plus de 50 artistes ont contribué aux activités du collectif Art&Language entre 1968 et 1982.

Infos pratiques

Le saviez-vous ?

Comme à l’époque de la Renaissance, les visiteurs peuvent désormais arriver à Montsoreau en bateau : de mai à octobre, des croisières commentées d’1 h 30 relient Saumur au port privé du château.
Plus d'infos du croisieressaumurloire.fr

Horaires et tarifs

De juillet à septembre, le château de Montsoreau est ouvert tous les jours de 10 heures à 19 heures.
Visites guidées à 10 heures, 15 heures et 17 heures.
Tarifs : Adultes 9,20 € ; étudiants et demandeurs d’emploi 7,30 € ; enfants 5,50 € ; forfait famille 25 €.

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Patrimoine

Château de Montsoreau, écrin d'art contemporain

Après avoir inspiré Dumas, Rodin ou Turner, le château de Montsoreau renaît depuis un an. Transformé en musée d’art contemporain, il présente le plus important fonds mondial d’œuvre du collectif Art & Language.

Installée dans une salle du château de Montsoreau, au rez‑de‑chaussée, une suite de 20 miroirs différents fait face à une cheminée monumentale. Le XXe siècle face au XVe, le contemporain face à la Renaissance : c’est le pari que relève depuis un an Philippe Méaille, collectionneur reconnu. Il a ouvert, en 2016, un musée d’art contemporain dans les murs du château de Montsoreau, mis à disposition par le Département dans le cadre d’un bail emphytéotique de 25 ans.

De hauts plafonds, de larges murs, de grandes fenêtres plongeant sur les courants… Ce « petit Mont Saint‑Michel », comme le surnomme Philippe Méaille, a été édifié au XVe siècle sur un rocher à la confluence de la Loire et de la Vienne, sur le modèle des palais italiens. « Une situation en tout point extraordinaire » qui a inspiré Alexandre Dumas et sa « Dame de Monsoreau » ou encore Auguste Rodin et William Turner, comme en témoignent les œuvres exposées au château (manuscrits, esquisses et peintures).

Celles de Philippe Méaille sont, à côté, bien singulières, fruits du travail d’un collectif d’artistes britanniques, américains et australiens qui le passionne depuis plus de 20 ans : Art & Language. « Fondé dans les années 1960 par Terry Atkinson, David Bainbridge, Michael Baldwin et Harold Hurell, Art & Language a inventé l’art conceptuel, résume le collectionneur. Depuis lors, nous sommes sortis de l’art moderne pour entrer dans l’art contemporain. »

Sur les notes de musique du groupe Red Crayola, qui a collaboré avec Art & Language, les autoportraits des initiateurs du mouvement nous invitent à la déambulation. Le collectif questionne le lien entre la théorie et la pratique artistique, ainsi que la place du spectateur. Pour preuve, la suite de miroirs, « Mirror piece », signée par Michael Baldwin en 1965, interpelle sur la question de la représentation : peut‑on regarder la surface d’un miroir comme on regarde celle d’une peinture ? Peut‑on contrôler ce qu’il reflète ?

Ré-interroger l’objet d’art


Soudain, on s’émerveille devant le majestueux « Saint‑Georges terrassant le dragon » de Rubens, mis en perspective avec « La Femme au perroquet » d’Art & Language. Plus loin, les nombreux manuscrits et numéros de la revue fondatrice du collectif témoignent des recherches des artistes. Après s’être arrêté devant les « Certificate paintings » - sorte de « mode d’emploi » d’œuvre d’art -, on est surpris par l’une des pièces maîtresses, l’« Air‑conditioning Show », qui en présentant l’espace de régulation thermique du musée, ré‑interroge ce que peut être l’objet d’art.

Sur la terrasse du château, le panorama est à couper le souffle. En contrebas, on distingue encore les eaux plus foncées de la Vienne, venues épouser celles de la Loire quelques centaines de mètres en aval. À chaque heure, les variations de lumière révèlent un nouveau visage du fleuve. On comprend alors encore mieux pourquoi Alexandre Dumas, Auguste Rodin ou William Turner ont, bien avant nous, tenté de saisir la magie du lieu.

En images Ettore Sottsass, seigneur du design italien En chiffre Infos pratiques

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